Vie Communale
le clocher...

l'Eglise actuelle
( église saint Maurice)

C'est le 26 avril 1956 que la démolition de l'église de 1838 a commencé. La première pierre de l'église actuelle a été posée le 14 octobre 1956
(Abbé PERRICHON).
La reconstruction d'un nouvel édifice religieux était devenue nécessaire.

En effet, l'ancienne église monumentale était difficilement réparable, la voûte était devenue un véritable danger pour la communauté réunie aux offices.Si le nouveau bâtiment dessiné par l'architecte NOVARINA, s'inscrivit dans un style moderne qui bouleversa les canons du style religieux, le clocher quand à lui resta inchangé et devint le trait d'union entre deux églises, deux époques.

Il domine Marignier du haut de ses presque 40 mètres depuis maintenant près d'un siècle et demi.
Mais un tel édifice demande de l'attention. Sa toiture en mauvais état ne pouvait supporter encore longtemps les intempéries et le poids de la neige, sans remettre en cause la sécurité du voisinage.
Le coq qui avait déjà perdu sa queue n'était plus que l'ombre de lui-même, l'escalier intérieur menaçait de s'écrouler et les pierres d'angle se descellaient.

Rénovation du clocher

Par délibération en date du 14 mars 1996, le conseil municipal décidait de la restauration complète du clocher.

L'architecte, Jacques RENDU, spécialiste en restauration de clochersdans nos départements de Savoie a assuré la maîtrise d'oeuvre.
les travaux à executer ont été confiés à deux entreprises de renommée nationale:

Entreprise le NY pour les échafaudages, la réfection quasi complète de la charpente, la couverture en cuivre et la restauration de l'escalier intérieur.

Entreprise FOURQUET pour la maçonnerie et le paratonnerre. Piquage du vieil enduit , dégarnissage des joints, scellement des pierres, réfection de l'enduit teinté dans la masse.
Quand au coq (70 cm), il nous est offert par notre artiste local Jean Rubin.

L'ancien mécanisme de l'horloge, situé dans le clocher présente un certain intérêt et sa réparation sera à prévoir.

Le clocher fait partie de notre patrimoine. Sa position et celle de l'église furent étudiées pour être à distance égale de tous les hameaux de la commune car il fallait que les cloches soient entendues de partout. Autrefois, leur rôle était encore plus important: elles appelaient les pompiers en cas d'incendie (tocsin) ou avertissaient les paysans et les viticulteurs de l'arrivée d'un gros orage. En 1914, elles ont annoncé la mobilisation et en 1918, à toute volée, elles ont annonçé la fin de la guerre.

Le clocher et son coq rénové
Le clocher est l'âme d'un village.
Les cloches sonnent pour les joies et les peines des habitants
.

L'Origine des clochers à bulbe

Ils sont devenus de nos jours un des symboles de notre région de Savoie, leur origine dépasse de loin les limites géographiques de nos départements. la plupart de ceux que nous pouvons admirer de nos jours datent du XIXè siècle mais on trouve dans les tableaux, les gravures de l'époque la preuve que cette forme si caractéristique existait déjà bien avant la Révolution (Chambéry, Annecy, St Pierre de Genève, etc...)

On rencontre cette architecture si particulière dans tout l'Arc alpin de la Tarentaise ( mais curieusement nous n'en avons pas pas en maurienne ni en Dauphiné), jusqu'en Suisse, Autriche, Tyrol, Allemagne du Sud, et même en Tchécoslovaquie. Cette répartition géographique dans cette partie de l'Europe nous donne sans doute une indication intéressante concernant l'origine du Bulbe qui "coiffe" nos clochers; il s'agit en fait d'une influence Baroque qui s'est particulièrement répandue dans les pays cités ci-dessus. Ce la explique la raison pour laquelle on retrouve des clochers à bulbe en Espagne et en Amérique latine, pays où le baroque a considérablement marqué la culture de l'époque.

Certains spécialistes considèrent qu'en Savoie ces clochers sont arrivés "dans les bagages" d'émigrés, au retour de Russie ou d'Autriche. On parle aussi de l'origine Mauresque et sarrazine de nos clochers à bulbe.

Charles Martel, en repoussant les Arabes dans la vallée du Rhône aurait contraint certains de ces envahisseurs à se réfugier dans nos vallées montagnardes où ils auraient apporté leur savoir- faire et leur tendance en matière d'architecture.

En 1740 Pierre Cheneval dessine les clochers de Loex et celui de Marignier utilisant selon songoût, le dôme italien soit à l'impérial, soit bulbé dont la formule lui a paru "agréable".
("Les clochers à bulbe"- Pierre Boulain)

Caractéristiques des différentes cloches

Cloche N° 1
Poids : 1950 kg -Longueur de cordes: 21 m - Note : Ré dièse - Date : avril 1870

Cloche N°2
Poids : 780 kgs-longueur de cordes : 23 m - Note Fa dièse - Date : 10 avril 1894

Cloche N° 3
Poids : 191,5 kg - Note La dièse- Date : 27 mars 1894
photos © C.Détraz 2003